LES CRUES SUR LE BASSIN DE LA VILAINE

Un risque présent sur l’ensemble du bassin versant :
Les évènements dramatiques observés au cours de ces dernières années (Aude en 1999, Bretagne et Somme en 2001, Gard en 2002), ont rappelé à tous que le risque inondation est le premier risque naturel en France : environ 8000 communes et 2 millions d’habitants y sont, à des degrés divers, exposés.

La Vilaine est concernée par ce phénomène, avec des niveaux de gravité variables, sur la globalité de son bassin versant. Parmi les communes les plus exposées, on peut citer bien sûr la ville de Redon, mais aussi les communes de Vitré, Châteaubourg, Pont Réan, Guipry (Vilaine), Rohan, Malestroit, Saint Martin (Oust), Monfort sur Meu, Mordelles (Meu), Châteaubriant (Chère).

Des crues caractéristiques des rivières de plaine :
Les crues de la Vilaine surviennent généralement en milieu voire en fin de période hivernale, après un antécédent pluviométrique important, alors que le sol se trouve à saturation et le débit de base des cours d’eau est déjà relativement haut.

Elles se caractérisent par des durées de submersion importantes et des débits de pointe très élevés : ainsi, le débit maximum enregistré lors de la crue de janvier 1995 était de 490 m3/s sur la Vilaine à Malon et de 361 m3/s sur l’Oust au pont du Guélin. A l’aval de la Vilaine, au pont de Cran, le débit de pointe sur cette même crue était estimé à 1500 m3/s.

Des dégâts importants liés à une vulnérabilité en hausse :
La conjonction d’une période relativement sèche (1970-1990) et de la construction du barrage d’Arzal en 1970 a donné aux populations riveraines un sentiment trompeur de sécurité vis-à-vis des crues, qui a conduit à un fort développement de l’urbanisation en zone inondable, et par voie de conséquence à une augmentation importante de la vulnérabilité.

C’est ainsi que les dégâts matériels causés par la crue de 2001 ont été estimés à 45 M. € H.T sur l’ensemble de la Région Bretagne (Finistère non compris). Ce chiffre, même s’il est globalisé à l’échelle de la Région, permet de donner une idée des enjeux financiers liés aux inondations sur le bassin de la Vilaine, bassin breton le plus sensible en terme de vulnérabilité.

Un programme d’actions à l’échelle du bassin versant :
Une Mission d’Expertise Interministérielle a été missionnée à la suite des inondations catastrophiques observées au cours de l’hiver 2000/2001 en Bretagne.

Ses préconisations concernant le bassin de la Vilaine ont été reprises, développées et formalisées dans le SAGE, approuvé officiellement (et à l’unanimité) lors de la Commission Locale de l’Eau (CLE) du 17 janvier 2003, et qui fixe parmi ses priorités la gestion des inondations.

Un programme d’aménagement à long terme a ainsi été bâti, qui s’articule autour des axes de réflexion suivants : protection, prévention, sensibilisation. Les objectifs principaux sont en effet de protéger les secteurs les plus exposés aux inondations, mais également de mettre un frein aux constructions en zone inondable, et enfin de développer chez les populations une conscience du risque qui a disparu au fil des années. Ce programme privilégie une vision globale à l’échelle du bassin versant, de façon à maintenir une cohérence d’ensemble des actions envisagées, notamment par la prise en compte des impacts amont - aval.

Parmi les actions qui ont déjà été lancées ou qui sont en passe de l’être, on peut citer :

  • la réalisation d’une étude de modélisation globale qui permettra d’une part, d’avoir une compréhension fine des mécanismes de formation et de propagation des crues à l’échelle du bassin versant, d’autre part, de tester des aménagements structurants destinés à maîtriser les inondations ;
  • la réalisation d’études globales à l’échelle de sous bassin versants : étude hydraulique sur le Meu et le Don ;
  • la réalisation d’études plus locales de définition d’aménagements de protection contre les crues : Saint Caradec, Rohan, Malestroit sur l’Oust, Vitré, Pont Réan, Guipry sur la Vilaine ;
  • la mise en œuvre des Plans de Prévention des Risques d’Inondation qui ont été prescrits : Meu, Oust, Vilaine Médiane, Agglomération Rennaise, Seiche - Ise ;
  • la mise en œuvre du programme de travaux sur Redon, dont la première tranche (arasement de l’ancien barrage et curage de la Vilaine à l’aval immédiat de celui-ci) a été réalisée en juillet 2001,
  • la réalisation du programme de travaux sur la Chère en amont de Châteaubriant.

Le programme global est détaillé dans le document d’actions du SAGE.

Un « chef de file » global : l’Institution d’Aménagement de la Vilaine.
Dans le cadre du rôle de « chef de file » pour la réalisation du SAGE que lui a confié la CLE, l’IAV a en charge la coordination globale du programme d’aménagement défini à l’échelle du bassin versant. Elle se traduira, en fonction des problématiques abordées, par des missions de :

  • maîtrise d’ouvrage directe ou déléguée (études et travaux impliquant la solidarité de bassin),
  • conseil et assistance aux Maîtres d’Ouvrages locaux,
  • validation technique de l’ensemble des projets et vérification de la cohérence globale des ceux-ci.