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L'estuaire
de la Vilaine
est particulièrement touché par un envasement qui a été aggravé par
la construction du barrage d'Arzal et surtout par l'utilisation de cet
ouvrage comme réserve d'eau potable. Cet envasement, estimé à 22 millions
de m3 de vase, affecte l'environnement et les activités économiques
des communes riveraines de l'estuaire situées entre Damgan, Billiers
et Penestin.
Ce
problème a été longuement débattu dans le cadre du SAGE Vilaine. Afin de
gérer les conflits d'usages de l'eau de l'estuaire, en partie conséquences de
l'envasement, pour préserver l'environnement et garantir un développement
économique durable, un " Comité d'Estuaire " a été mis en
place en 2000. Présidé par M. Jo Brohan, conseiller général et maire de
Muzillac, il est composé de 19 élus, 6 représentants des services de l'Etat
et 17 représentants des usagers et répond à la volonté commune d'agir sur
l'estuaire. L'animation et le secrétariat de ce Comité d'Estuaire sont
confiés à l'Institution d'Aménagement de la Vilaine.
Le
Comité d'Estuaire se réunit environ deux fois par an avec la volonté de
prendre le problème d'envasement à bras le corps. D'ailleurs, sur le thème
exclusif de l'envasement et des solutions à mettre en œuvre, entre ces
réunions, un groupe de travail restreint, composé de dix membres du Comité
d'Estuaire, qui travaille sur les dossiers présentés en Comité d'Estuaire.
Depuis sa formation le Comité d'Estuaire est intervenu dans les domaines
suivants :
L'acquisition de connaissances sur le phénomène d'envasement est une des principales
demandes relayées par les usagers au sein du Comité d'Estuaire. Pour encadrer
cette étude de modélisation hydro-sédimentaire, un Comité Scientifique
regroupant 5 scientifiques experts de la modélisation hydro-sédimentaire
s'est réunit au printemps 2003.
L'objectif de cette étude est avant tout de répondre
rapidement aux questions pragmatiques que se posent les usagers de l'estuaire
comme de connaître l'évolution de l'envasement, le rôle du barrage, notamment
lors de crues, sur le phénomène d'envasement…Pour entamer le travail de
définition de la méthode d'élaboration de cette étude, une synthèse
bibliographique des données brutes collectées dans l'estuaire de la Vilaine et plus
largement dans le Mor Braz depuis 1960 a été commandée par le Comité
Scientifique au chargé de mission estuaire.
Dans le même objectif de connaissance du processus d'envasement, les données
de bathymétrie acquises depuis 1960 sont exploitées dans le cadre d'une
convention avec l'Université de Vannes (UBS) pour alimenter notamment l'étude
hydro-sédimentaire. Un rythme d'une campagne bathymétrique tous les deux ans
a été retenu pour les années à venir. Elles sont réalisées par la DDE de Lorient (Subdivision
des Phares et Balises), la dernière ayant eu lieu en septembre 2003. Enfin,
le réseau de suivi de l'envasement des plages de la cote nord de l'estuaire a
été relancé en juillet 2003 par la pose de 11 repères surveillés par l'IAV de
façon bimensuelle.(voir CE Muzillac février 2004)
Des interventions ponctuelles pour faire face aux conséquences de
l'envasement dans certains secteurs de l'estuaire sont programmées,
conformément aux préconisations de le partie estuarienne du SAGE Vilaine,
pour assurer le maintien des activités touristiques et économiques de ce
territoire.
Le groupe de travail a réalisé la synthèse d'une enquête sur les solutions
envisageables en terme de dragage ou d'autres solutions palliatives de
l'envasement. Dans ce cadre de travail, un diagnostic de la situation de
l'envasement de l'estuaire a permis de définir trois sites nécessitant une
intervention rapide : le port de Tréhiguier, l'accès au port de Billiers et
l'accès au site Vieille Roche-aval de l'écluse d'Arzal. A plus long terme une
intervention pour garantir l'entretien du chenal de navigation de la sortie
de l'estuaire est également envisageable. Ce diagnostic a ensuite consisté en
une définition concertée des cotes d'objectifs pour chacun des sites traduite
en volume de sédiments par des études de cubature en cours. Si la nécessité
d'intervention fait l'unanimité au sein du Comité d'Estuaire, le débat a
alors concerné la méthode à utiliser. Pour éclairer ce débat, une synthèse
technique et financière des procédés utilisables en Vilaine a été présentée
au Comité d'Estuaire en juin 2003. Celui-ci a requis en complément la
commande d'une étude d'incidence d'immersion au large des sédiments dragués
car cette solution semble répondre au mieux aux objectifs de rétablissement
des usages tout en préservant les équilibres estuariens. Les résultats de
cette étude confiée en novembre 2003 au bureau d'étude CREOCEAN de La Rochelle, et donc la
possibilité ou non d'avoir recours à cette technique de clapage en mer ont
été partiellement présentés au Comité d'Estuaire de févier 2004 (Muzillac) et
seront connus au printemps 2005.
L'ensemble de ces éléments techniques et financiers a été présenté au Comité
d'Estuaire du 1 octobre dernier, à Penestin, sous la forme d'un "
Programme d'interventions face à l'envasement dans l'estuaire de la Vilaine ". Ce
programme a été validé par le Comité d'Estuaire.
Une
conséquence chronique de l'envasement est la dessalure de l'estuaire interne
qui affecte les établissements mytilicoles de cette zone. Pour pallier
à ce problème, trois solutions techniques ont émergé des échanges entre la
profession, la municipalité de Penestin et l'IAV. Le Comité d'Estuaire a
validé, à Arzal en juin 2003, les conclusions d'une étude au bureau Oïkos de
Rennes devant analyser et proposer la meilleure solution technico-économique.
Il s'agit de la création d'un lotissement conchylicole sur la côte atlantique
de la commune de Penestin. Cette démarche entrant dans le cadre du
développement économique de l'activité mytilicole locale, la Communauté
d'Agglomération de la presqu'île Guérandaise : Cap Atlantique a pris la
maîtrise d'ouvrage d'une " étude de faisabilité technique, juridique,
économique et financière d'un parc d'activités à vocation conchylicole à
Penestin ". Cette étude a été confiée en juin 2004 aux bureaux d'étude
Oikos (Rennes-Brest), Allegans (Brest) et Techniconsult (Brest). Les
résultats seront présentés au Comité d'Estuaire en 2005.
Dans
le cadre plus général du suivi de la qualité de l'eau de l'estuaire
préconisé par le SAGE Vilaine, IFREMER et l'IAV préparent un programme
d'équipement de l'estuaire en stations de mesures automatiques des principaux
paramètres de qualité d'eau. Une station IFREMER serait implantée à
l'exutoire de l'estuaire entre l'île Dumet et la rivière de Penerf, les
restrictions budgétaires de l'organisme en charge ont retardé son
installation qui est remise à 2005. Une station plus " légère " est
implantée à Tréhiguier, pour le suivi des mêmes paramètres (température,
salinité, pH, turbidité, teneur en oxygène, vitesse du courant). Il est prévu
d'exploiter les données acquises par ces deux stations dans le cadre d'un
partenariat IFREMER-IAV alimenté également par les données de l'usine d'eau
de Férel. Enfin, une étude sur l'impact des pesticides sur les organismes
vivants dans l'estuaire de la
Vilaine a été lancée au printemps 2003 dans le cadre d'un
partenariat Université de Brest (IUEM) -IAV et ses premiers résultats ont été
présentés au Comité d'Estuaire de Muzillac (Février 2004).
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En
matière de communication, l'IAV s'est doté de ce nouveau site
internet. Dans un souci de transparence, cet outil est alimenté par toutes
les études, rapports présentés en séance ainsi que par les compte-rendus des
débats du Comité d'Estuaire. Un réseau d'alerte sur le mode de fonctionnement
du barrage d'Arzal en période de crises : crue au printemps et étiage cet été
a également été mis en place par courrier électronique. Lorsque le
fonctionnement du barrage d'Arzal change de façon significative, des messages
d'alerte sont adressés aux représentants des professionnels et des
associations d'usagers de l'estuaire et de la Vilaine maritime, des
instances portuaires, des municipalités riveraines et des administration en
charge de la navigation. Ce réseau d'alerte a particulièrement fonctionné
lors des restrictions d'éclusées au barrage d'Arzal durant l'été 2003.
Retrouver l'ensemble des rapports sur l'estuaire dans la rubrique "Notre Documentation"
"Rapports".
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